Les maladies chroniques, ou maladies non transmissibles (MNT), représentent un défi majeur pour les systèmes de santé à travers le monde. Elles sont responsables de la majorité des décès et pèsent lourdement sur les économies nationales. L’OMS alertent depuis des années sur les MNT. L’organisation vient de publier une mise à jour sur les initiatives efficaces pour réduire leur impact en un temps relativement court (5 ans).
Des mesures concrètes pour réduire l’impact des maladies chroniques
Les maladies non transmissibles (MNT) comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou les cancers sont responsables de 90 % des décès et 85 % des incapacités en Europe (1). L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a identifié 25 mesures qui peuvent réduire significativement cette charge en seulement 5 ans (2).
Des exemples de politiques efficaces
- Le Royaume-Uni a mis en place une taxation sur les boissons sucrées en 2018, entraînant une réduction de 30 % de la teneur en sucre dans ces produits (3).
- La France a introduit l’étiquetage Nutri-Score, incitant 40 % des industriels à reformuler leurs produits (4).
- L’Australie a imposé des paquets neutres pour le tabac, réduisant la consommation de cigarettes de 12 % en 3 ans (5).
Les chiffres clés des maladies chroniques
60 % des décès évitables sont dus à des facteurs de risque modifiables comme le tabagisme, l’alcool, l’alimentation et l’inactivité physique (2).
40 % des décès évitables pourraient être prévenus grâce à un meilleur accès aux soins, notamment pour les crises cardiaques et les AVC (2).
Le coût économique des MNT représente plusieurs milliards d’euros par an, affectant la productivité et les systèmes de santé. En Europe, la charge économique des MNT est estimée à 115 milliards d’euros par an, soit 0,8 % du PIB (6).
Les politiques de santé publique efficaces
Réguler les produits nocifs pour la santé
L’OMS recommande des mesures telles que :
- Taxer le tabac et l’alcool pour réduire leur consommation. L’exemple du Canada montre que chaque augmentation de 10 % du prix du tabac réduit la consommation de 4% (7).
- Réduire le sucre, le sel et les graisses dans l’industrie agroalimentaire. L’expérience du Chili a montré qu’une réduction de 15 % du sel dans les aliments transformés a permis une baisse significative de l’hypertension (8).
- Apposer des étiquettes nutritionnelles claires sur les emballages pour informer les consommateurs (6).
Améliorer la prévention et les soins
- Vaccination contre le papillomavirus humain (VPH) pour réduire le risque de cancer du col de l’utérus. En Suède, la vaccination a permis de diminuer l’incidence des cancers liés au VPH de 63 % chez les jeunes femmes (9).
- Dépistage précoce des cancers et des maladies cardiovasculaires. Aux États-Unis, le dépistage du cancer colorectal a permis de réduire la mortalité de 50 % en 20 ans (10).
- Accès facilité aux traitements contre l’hypertension pour réduire les complications cardiovasculaires (11).
Une opportunité pour les décideurs
L’étude de l’OMS montre que des résultats mesurables peuvent être obtenus en un seul cycle politique, soit environ 5 ans (2). Cependant, la mise en œuvre de ces mesures dépend d’une volonté politique forte et d’un soutien public actif pour contrer les pressions de certaines industries (12).
Sources :
- OMS Europe, « Burden of NCDs in Europe », 2019
- OMS, « 25 Quick Wins for NCD Prevention », 2025
- Public Health England, « Impact of Sugar Tax », 2022
- Santé Publique France, « Nutri-Score Evaluation », 2023
- Australian Government, « Plain Packaging Tobacco Policy », 2024
- OCDE, « The Economic Cost of NCDs », 2023
- Canadian Public Health Agency, « Tobacco Pricing and Consumption », 2024
- Swedish National Health, « HPV Vaccination Impact », 2023
- American Cancer Society, « Colorectal Cancer Screening Results », 2024
- American Heart Association, « Hypertension Treatment Strategies », 2024
- OMS, « Political Challenges in Public Health Policies », 2025
- Organisation mondiale de la Santé. (2025, 24 mars). Les politiques de santé visant à lutter contre les maladies